Les forêts tempérées humides comptent parmi les forêts les plus spectaculaires, les plus mystérieuses et les plus étonnantes que je n’ai jamais vu. Avec des arbres qui semblent toucher le ciel et un sous-bois de jungle impénétrable et moussu, elles n’ont rien à envier à leurs homologues poussant dans les régions équatoriales. La forêt tempérée humide porte bien son nom, l’eau est omniprésente et dégouline de partout. Chaque pas s’enfonce dans l’épais tapis de mousse. Quand il ne pleut pas un brouillard épais s’accroche entre les branches comme un voile. Les branches panachées d’un épais couvert de mousses et de lichens scintillent dans mille nuances de vert. Un parfum lourd et enivrant de champignons et de bois en décomposition remplit l’air.

Deux conditions météorologiques sont indispensables pour la croissance des forêts tempérées humides: Elles ont besoin de températures modérées avec peu de variations saisonnières et d’une pluviométrie très importante. Les côtes aux latitudes tempérées entre 40° et 60°, fréquemment arrosées par les pluies et couvertes de brouillard présentent des conditions idéales. Elles permettent une croissance quasi continue des espèces de conifères tels que l’épicéa de Sitka, le thuya géant (cèdre rouge), la pruche de l’Ouest, et le pin douglas côtier qui deviennent ainsi de véritables géants. Les forêts tempérées humides de conifères abritent la plus forte densité de biomasse de tous les écosystèmes terrestres, du minuscule invertébré au plus grand mammifère.

Dans le passé, les forêts tempérées humides couvraient une bonne partie de la planète, il y en avait également en Europe (Écosse, Irlande, Islande) mais une exploitation excessive de leur bois très apprécié pour sa qualité et sa taille, les a fait disparaître d’une grande partie de leur aire de répartition. Peu de ces forêts ont survécu à nos jours, on en trouve encore au Chili, en Tasmanie, en Nouvelle-Zélande et dans le nord-ouest américain. La voracité humaine n’a pas épargné les grandes forêts de la côte Pacifique Nord-Ouest, toutefois celles-ci représentent encore aujourd’hui l’exemple le plus important de ce type d’écosystème.

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